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TVA auto-entrepreneur : ce que change la franchise en base

Dans cet article
  1. Qu’est-ce que la franchise en base, et qu’est-ce qu’elle change sur vos factures ?
  2. Que se passe-t-il le jour où vous devenez redevable de la TVA ?
  3. Que préparer avant que ça arrive ?
TVA auto-entrepreneur : ce que change la franchise en base
Photo Gustavo Fring / Pexels

La franchise en base de TVA est le régime par défaut de l’auto-entrepreneur : tant que vous restez dedans, vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous n’en récupérez pas sur vos achats. Le jour où vous en sortez, tout change sur vos factures — le prix affiché, la mention légale en bas de page, et la façon dont vous devez déclarer et reverser cette taxe. Cet article explique le mécanisme, sans donner de chiffre : les seuils, les taux et les dates qui déclenchent ce basculement évoluent chaque année, et seule l’administration fiscale ou votre expert-comptable peut vous donner le montant exact applicable à votre situation au moment où vous lisez ces lignes.

Qu’est-ce que la franchise en base, et qu’est-ce qu’elle change sur vos factures ?

TVA auto-entrepreneur : ce que change la franchise en base

Être en franchise en base de TVA signifie que vous êtes dispensé de facturer cette taxe à vos clients. Concrètement, sur chacune de vos factures, le prix que vous indiquez est le prix final : il n’y a pas de ligne « TVA » à ajouter, et votre client ne paie que le montant hors taxe que vous avez fixé. En contrepartie, vous ne pouvez pas récupérer la TVA que vous payez vous-même sur vos achats professionnels — matériel, fournitures, logiciels : vous les payez TTC, sans possibilité de vous faire rembourser la part de taxe.

Cette situation a une conséquence directe sur vos factures : elles doivent obligatoirement porter une mention indiquant que la TVA n’est pas applicable, en référence à l’article du code général des impôts qui organise ce régime. Cette mention n’est pas une formalité optionnelle. Une facture qui l’omet est irrégulière, même si le montant facturé est correct.

Pour vos clients, la lecture de vos prix est donc simple : ce que vous annoncez est ce qu’ils paient. C’est souvent un argument dans la relation commerciale, en particulier face à des clients particuliers qui ne récupèrent de toute façon jamais la TVA. Face à des clients professionnels, en revanche, l’absence de TVA déductible peut jouer différemment selon leur propre situation — un point qu’il vaut mieux vérifier avec eux plutôt que de le supposer.

Que se passe-t-il le jour où vous devenez redevable de la TVA ?

La sortie de la franchise en base n’est pas un choix que vous faites au hasard : elle est déclenchée par votre chiffre d’affaires, lorsque celui-ci franchit un niveau fixé par la loi. Ce niveau est révisé régulièrement et diffère selon la nature de votre activité — vente de marchandises ou prestation de services notamment. Comme ce brief ne contient aucun de ces montants, et qu’ils changent d’une année sur l’autre, ils ne sont pas repris ici : le chiffre exact, applicable à votre activité et à l’année en cours, se vérifie auprès de l’administration fiscale.

Ce qui compte pour vous, à ce stade, c’est de comprendre ce qui change concrètement une fois que vous devenez redevable :

  • Vos factures changent de structure. Vous devez désormais faire apparaître un prix hors taxe, un taux de TVA, un montant de TVA, et un prix toutes taxes comprises. La mention qui indiquait l’absence de TVA disparaît, remplacée par votre numéro de TVA intracommunautaire.
  • Vos prix affichés peuvent devoir évoluer. Si vous souhaitez que votre client final paie le même montant qu’avant, c’est votre prix hors taxe qui doit baisser pour absorber la TVA ajoutée. Si vous gardez le même prix hors taxe, le montant payé par le client augmente du montant de la taxe. C’est un arbitrage commercial que vous devez anticiper, pas une mécanique automatique qui vous est imposée.
  • Vous devez déclarer et reverser la TVA collectée. Selon le régime qui s’applique à vous, cette déclaration se fait selon une périodicité et des modalités qui dépendent de votre situation — encore une fois, un point à faire confirmer par un professionnel plutôt qu’à deviner.
  • Vous pouvez récupérer la TVA sur vos achats professionnels. C’est la contrepartie du changement : vos dépenses professionnelles deviennent moins coûteuses en net, puisque vous ne supportez plus la TVA dessus.

Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il est parfois source de confusion : le franchissement du niveau qui fait sortir de la franchise en base ne se traduit pas toujours par un basculement immédiat au jour près. Il existe des règles de tolérance et de délai propres à ce mécanisme, qui déterminent à partir de quand exactement vous devenez redevable. Ces règles sont précises et conditionnées — elles ne se résument pas en une phrase simple sans risque d’erreur. C’est un point à vérifier avec l’administration fiscale ou votre expert-comptable dès que votre chiffre d’affaires s’approche du niveau qui vous concerne, et non après coup.

Que préparer avant que ça arrive ?

Le meilleur moment pour se préparer à la sortie de la franchise en base, c’est avant qu’elle ne devienne obligatoire — pas le jour où vous constatez que votre chiffre d’affaires a franchi le niveau qui vous fait basculer. Quelques réflexes permettent d’éviter les mauvaises surprises :

  • Suivez votre chiffre d’affaires en continu, et pas seulement en fin d’année. C’est ce suivi qui vous permet de voir venir le moment où vous vous approchez du niveau qui déclenche le changement de régime, et d’anticiper plutôt que de subir.
  • Anticipez votre politique de prix. Décidez, avant d’y être obligé, si vous absorberez la TVA dans vos prix existants ou si vous l’ajouterez au prix hors taxe déjà pratiqué. Cette décision a un effet direct sur votre compétitivité et sur la perception de vos clients.
  • Informez vos clients réguliers en amont plutôt qu’en leur envoyant une facture différente sans explication. Un client prévenu comprend un changement de structure de facture ; un client surpris peut le remettre en question.
  • Mettez à jour votre outil de facturation pour qu’il soit capable d’afficher un prix hors taxe, un taux et un montant de TVA, et un numéro de TVA intracommunautaire dès le jour où vous en avez besoin. Un outil qui ne sait produire que des factures « franchise en base » vous met en défaut le jour du basculement.
  • Faites le point avec un professionnel du chiffre avant d’y être. Un expert-comptable peut vous indiquer, avec les chiffres et les dates en vigueur au moment où vous le consultez, où vous vous situez exactement par rapport au niveau qui s’applique à votre activité, et ce que cela implique pour votre trésorerie et vos prix.

Il faut aussi garder en tête qu’il n’existe aucune façon légitime de retarder ou de contourner ce basculement en dissimulant une partie de son chiffre d’affaires : c’est un choix qui expose à un redressement, pas une solution. La seule marge de manœuvre réelle porte sur l’anticipation — suivre son activité, comprendre le mécanisme, et se faire confirmer sa situation par un professionnel avant que le changement ne s’impose dans l’urgence.

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