Dans cet article
- Avant la technique : ce que votre site doit faire
- Le budget en F CFP, et ce qu’il représente en euros
- L’aide à la création numérique : jusqu’à 350 000 F CFP
- Les étapes de création, dans l’ordre
- Le référencement local : la fiche d’établissement compte autant que le site
- Titres, descriptions et patience
- Choisir son prestataire : cinq questions à poser
- Questions fréquentes
Un restaurant de Papeete, une pension de famille à Moorea, un artisan de Raiatea : tôt ou tard, chacun se pose la question du site internet. Combien faut-il prévoir, à qui le confier, et comment être trouvé par un client qui cherche depuis son téléphone ? Certaines agences locales, comme Niua Web Agency installée à Papeete, publient désormais leur grille de prix en F CFP, ce qui donne enfin des repères concrets.
Ce guide reprend, dans l’ordre, ce qu’il faut savoir pour créer un site internet pour son entreprise à Tahiti ou dans les îles.
On y trouve le budget en francs Pacifique et en euros, l’aide publique à la création numérique et son calendrier 2026, puis le référencement local, là où se joue la visibilité. Toutes les informations ont été relevées le 28 septembre 2026 auprès de la Direction générale de l’économie numérique (DGEN), de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) et de la documentation officielle de Google.
Avant la technique : ce que votre site doit faire
Un site d’entreprise n’est pas une vitrine décorative. Il répond à une question précise que se pose votre client. Et cette question change selon votre activité.
Un restaurant ou un commerce de quartier a surtout besoin d’être trouvé vite : adresse, horaires, téléphone, carte ou produits phares. Le client est souvent déjà à Tahiti et décide dans l’heure.
Une pension de famille ou un prestataire d’activités nautiques parle à un autre public. Le visiteur prépare son voyage depuis l’étranger, compare, lit les conditions et veut réserver. Le site doit alors rassurer, montrer les lieux en photo et, souvent, exister en anglais.
Un artisan ou un créateur qui vend ses pièces à distance a besoin, lui, d’un paiement en ligne et d’une gestion des commandes. C’est un autre budget, et un autre chantier.
Posez donc ces trois points par écrit avant de demander un devis : qui sont vos clients, ce que vous attendez d’eux sur le site (appeler, réserver, acheter) et dans quelles langues. Un prestataire sérieux vous posera ces questions de toute façon.
Le budget en F CFP, et ce qu’il représente en euros
Les prix des sites internet se lisent rarement au même format. Certaines agences affichent un forfait, d’autres un abonnement mensuel, d’autres encore renvoient vers un devis. Pour se faire une idée, le plus simple est de partir d’une grille publique.
Celle de l’agence citée plus haut, consultée le 28 septembre 2026, distingue trois formules, toutes exprimées en F CFP TTC. Pour les convertir, on utilise la parité fixe publiée par l’IEOM : 1 000 F CFP valent 8,38 euros.
Ces montants ne valent pas pour tout le marché. Ils donnent un ordre de grandeur. L’écart entre les formules tient surtout au nombre de pages, à la rédaction des textes et aux fonctions de vente en ligne.
Retenez surtout la dernière ligne. Un site coûte aussi chaque année : nom de domaine, hébergement, certificat de sécurité. Demandez toujours ce montant récurrent avant de signer, et vérifiez à quel nom le nom de domaine est enregistré. Il doit l’être au nom de votre entreprise.
L’aide à la création numérique : jusqu’à 350 000 F CFP
La Polynésie française dispose d’un dispositif que peu de chefs d’entreprise connaissent : l’Aide à la création numérique, ou ACN. Gérée par la DGEN, elle finance une partie de la conception d’un site internet ou d’une application mobile.
Les conditions sont précises. L’entreprise, personne physique ou morale, doit être établie en Polynésie française. Son chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 25 millions de F CFP. Elle doit être immatriculée au Répertoire territorial des entreprises, et au registre du commerce si elle y est soumise. Elle doit aussi être à jour de ses obligations sociales et fiscales, et ne pas faire l’objet d’une procédure collective.
L’aide couvre au maximum 50 % des dépenses éligibles, dans la limite de 350 000 F CFP TTC. Ces dépenses doivent être réalisées en Polynésie française : frais de personnel liés au projet ou prestations nécessaires à la conception du site.
Deux règles pèsent lourd. Les dépenses engagées avant le dépôt de la demande ne sont pas éligibles. Et l’aide ne peut être attribuée qu’une fois tous les trois ans par bénéficiaire.
Concrètement, un site facturé 120 000 F CFP pourrait être aidé à hauteur de 60 000 F CFP au plus ; le plafond de 350 000 F CFP ne joue qu’au-delà de 700 000 F CFP de dépenses.
Un point de calendrier change tout pour cette année. Le 21 août 2026, la DGEN a annoncé la clôture des dépôts ACN pour l’exercice 2026, compte tenu des crédits déjà engagés. Les dossiers déposés avant cette date restent examinés, dans la limite de l’enveloppe.
Ce que nous ne savons pas, à la date de ce guide : la date de réouverture des dépôts pour 2027 et le montant de la future enveloppe. Rien n’est encore annoncé. Si vous comptez sur l’aide, la règle des dépenses antérieures impose d’attendre la réouverture avant de signer le devis. Renseignez-vous directement auprès de la DGEN avant de vous engager.
Les étapes de création, dans l’ordre
Une fois le budget posé, le chantier suit une logique simple. Le piège le plus courant est de commencer par le graphisme alors que rien n’est prêt.
Rassemblez d’abord vos contenus. Textes de présentation, liste des services, horaires, tarifs si vous les affichez, et surtout des photos. Des photos réelles de votre établissement, de votre équipe et de vos réalisations valent mieux que des images génériques de lagon.
Organisez ensuite les pages. Une page par grande activité, plutôt qu’une page unique fourre-tout. Si vous intervenez sur plusieurs îles, une page claire pour chaque zone réellement desservie aide le client à savoir si vous venez jusqu’à lui.
Pensez téléphone avant ordinateur. Une bonne partie de vos visiteurs arrivera depuis un smartphone, souvent pour appeler ou trouver l’itinéraire. Le numéro doit être cliquable, l’adresse visible dès l’ouverture de la page.

Demandez enfin une recette avant la mise en ligne. Vérifiez chaque page sur votre propre téléphone, testez le formulaire de contact, relisez les horaires. Une erreur d’horaires en ligne coûte des clients bien réels.
Le référencement local : la fiche d’établissement compte autant que le site
À Tahiti comme ailleurs, une grande partie de la visibilité se joue hors du site lui-même, dans les résultats locaux de Google et sur Google Maps. Google l’explique dans son aide : ces résultats reposent principalement sur trois critères.
La pertinence mesure à quel point votre fiche correspond à la recherche. La distance dépend de l’endroit où se trouve la personne qui cherche. La proéminence reflète la notoriété de l’établissement, en tenant compte notamment des sites qui renvoient vers lui et du nombre d’avis reçus.
Pour agir sur ce que vous maîtrisez, Google recommande de valider votre fiche d’établissement et de la tenir complète : adresse exacte si vous recevez du public, horaires, y compris exceptionnels, catégorie d’activité, photos. Répondre aux avis fait aussi partie des conseils officiels.
Le site et la fiche travaillent ensemble. La fiche renvoie vers le site, le site reprend exactement le même nom, la même adresse et le même numéro. Des informations qui divergent d’un endroit à l’autre brouillent le message.

Dans un territoire fait d’îles, le critère de distance a une conséquence pratique. Une entreprise de Papeete apparaîtra naturellement davantage pour des recherches faites à Tahiti qu’à Bora Bora. Si vous servez plusieurs îles, dites-le clairement sur le site, page par page.
Titres, descriptions et patience
Sur le site lui-même, quelques réglages simples font une vraie différence. Le guide de démarrage en référencement de Google en rappelle l’essentiel.
Chaque page doit avoir un titre qui lui est propre, clair et concis. Google cite l’exemple d’un titre qui inclut le nom de l’entreprise et son adresse physique. La meta description, ce court résumé qui s’affiche parfois sous le titre dans les résultats, doit elle aussi être courte et propre à chaque page. Les adresses des pages gagnent à être descriptives plutôt qu’une suite de chiffres.
Reste la question du délai. Selon Google, certaines modifications prennent effet en quelques heures, d’autres en plusieurs mois ; il conseille d’attendre quelques semaines avant de juger un changement. Une promesse de résultat en quelques jours doit donc être prise avec prudence.
Choisir son prestataire : cinq questions à poser
La première page de Google sur « création site internet Tahiti » ne montre, en septembre 2026, que des prestataires de création de sites. Comparer leurs offres demande de poser les mêmes questions à chacune.
À quel nom sera enregistré le nom de domaine ? Il doit être au nom de votre entreprise, pas à celui du prestataire.
Combien coûte le renouvellement annuel, et que comprend-il ? Hébergement, certificat de sécurité, sauvegardes, mises à jour.
Qui rédige les textes et fournit les photos ? C’est souvent là que se cache l’écart entre deux devis.
Le devis est-il détaillé et daté ? Il vous servira aussi si vous demandez l’ACN, qui exige des dépenses réalisées en Polynésie française et engagées après la demande.
Pourrez-vous modifier vous-même horaires et tarifs ? Sinon, chaque changement devient une intervention facturée.
Questions fréquentes
Créer le site de son entreprise en Polynésie tient donc en quelques décisions : savoir ce que le site doit faire, connaître le coût annuel autant que le prix de départ, surveiller la réouverture de l’ACN et soigner sa fiche d’établissement. Le reste est une affaire de contenus bien préparés.


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